Blog Finlande

(Photos et vidéos faites au portable)


28 avril 2018 - Arrivée à Helsinki

Petit tour en ville dès mon arrivée à Helsinki, crevé avec mes 40 kg de sacs sur le dos, mais content. Maisons colorées, architecture qui va bien au pays, des finlandais blonds, blonds et encore blonds, pas frileux non plus. Lever 5h30 le lendemain matin, pour plus de 6h de train avant d'être en Carélie du Nord.

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29 avril 2018 - Arrivée au pays des loups

Durant mon trajet, j'ai pris le temps de réviser mon anglais. En arrivant à la gare, je rejoins les stagiaires venus me chercher et sors un "Hi!", ce à quoi ils me répondent "Salut", "Ah, vous êtes français ?", "Oui". Au final le dépaysement est total, on est 13 stagiaires, et il n'y a que des français. Après 45 minutes de 4x4 sur des routes de terre et pleines de trous/bosses, à 90 km/h (je vous laisse imaginer le parc d'attraction), on arrive enfin. La maison est belle, dans les bois, deux chiens aboient derrière celle-ci, dont 1 qui fait 1,50 au garrot, un monstre. L'intérieur est rustique, 3 compartiments en gros, 2 pour les stagiaires, on vit séparément même s'il nous arrive de nous retrouver des fois, juste plus facile pour se faire à manger quand on est 7/8 que 13 d'un coup, et un compartiment pour la famille de la chercheuse Laetitia. Comme on est 13, on vit un peu à la dure, c'est normal. En exemple, on se lave en chauffant une bassine d'eau au dessus d'un poêle, que l'on se verse après dessus, le tout dans une pièce à 10°. Au moins à plusieurs, on en rit bien ! La veille, 4 sont partis faire une sortie ornitho avec un guide finlandais, je suis vraiment dégoûté et content pour eux, car ils ont vu un lynx pendant 1h30, il chassait à 100m d'eux. Pour un ordre d'idée, le guide n'a vu qu'une fois le lynx en 60 ans.


30 avril 2018 - 1er jour de stage

Lever 7h, après une nuit un peu mouvementée, petite pensée au chat qui m'a réveillé à 5h en miaulant tout ce qu'il pouvait à la porte pour qu'on lui ouvre. On part avec Vladimir dans un gros 4x4, le mari de Laetitia, c'est un russe donc il roule à la russe, 110 km/h sur ces petites"routes", quand il y a de la neige il accélère encore plus, bref c'était dans le cas où l'on soit mal réveillé. On arrive, et l'on part à 3 pour pister les élans dans la taïga, en comptant le nombre de traces que l'on voit sur un tracé GPS fait la veille. Vraiment, quelle aventure ! Une fois le russe parti à tout allure, on découvre qu'il nous avait en fait déposé à 3 km de notre point de départ, un malentendu. Ensuite on fait 3 km en raquettes jusqu'à notre point de départ sur un chemin plein de neige molle où l'on s'enfonce, on se sépare en 2, 1 seul et une fille avec moi. On commence notre parcours, c'est parti pour 3 km, vraiment top, on est seuls au monde, on traverse de grandes forêts de conifères, des marais remplis d'eau jusqu'aux mollets (ça réveille une fois de plus), on longe une rivière, on contourne des lacs, into the wild quoi. Au total, 16 élans sont passés sur notre chemin, 2 traces d'ours avec plein d'oies et de tétras en vol. Et pour finir, on retourne vers la route où l'on doit d'ailleurs se dépêcher, car Vladimir le russe nous attend (il fait le bus en allant chercher tout le monde à droite et à gauche). Les deux avec qui j'étais sont des malades, je pensais pas que l'on pouvait marcher aussi vite à 3, ils ont la même endurance que moi, et pourtant j'ai pas l'habitude de traîner quand je pars en photo dans les Cévennes. Repos bien mérité, il est 15h et l'on rentre déjeuner, on a la grosse dalle. Plein les bottes, mais surtout plein les yeux, hâte d'y retourner. 

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6 mai 2018 - Semaine 1

Voilà, ça fait maintenant une semaine que je suis arrivé dans le centre de recherche et ça passe vite. La semaine est bien rythmée, du lundi au vendredi on est sur le terrain. On part aux alentours de 9h pour revenir vers 14h, avec une dizaine de kilomètres dans les pattes, des fois même une quinzaine. Cette semaine la neige a été molle, et même avec les raquettes on s’enfonce bien. D’après Laetitia, la neige aura fondu dans une semaine environ. Après il n’y aura plus de la neige partout, mais de l’eau partout. On voit pas mal de traces d’élans, mais aucun encore de vu, quelques traces d’ours aussi, et un peu de lièvre. Sinon il nous arrive de voir des traces de martre ou autre, mais cela reste rare. On voit par contre des oiseaux durant nos sorties, des canards, des oies, des tétras lyre, etc. Je n’ai pas encore pris de photos avec mon appareil, comme sur le terrain le temps est compté et que le soir c’est repos, mais ça ne saurait tarder. Tous les mercredis et samedis soirs, on a le droit à notre petite dose de sauna. C’est la vraie détente de la semaine, pour vraiment tout lâcher.

Mardi, c’était la journée du travail, en finlandais Vappu, c’est une des plus grosses fêtes de l'année. Ce jour-là, la tradition c’est de faire un pique-nique avec ses voisins. Nous nous étions sans voisins, mais tous réunis autour d’un feu dehors, avec un verre de sima (boisson fermentée) dans une main et un gâteau Tippaleipä dans l’autre main. Pour la photo de famille, Vladimir nous fait tous répéter грудь (prononcé grud'), et nous tout content on répète notre premier mot russe pour sourire sur la photo, Laetitia morte de rire nous explique que ça voulait en fait dire “sein”.

Vendredi, et comme chaque vendredi, nous sommes allés pique-niquer le soir dans un chalet au bord d’un lac et nous y avons passé la soirée.

Enfin samedi, c’était l’anniversaire d’une des filles de la team, nous avons donc fêté ça comme il se devait. Voici pour cette semaine, rendez-vous la dimanche prochain !

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13 mai 2018 - Semaine 2

Encore une semaine très chargée, ce qui est bien ici c’est que l’on ne s’ennuie jamais. A partir de lundi et pendant 40 jours, le terrain consiste à relever le nombre de crottes d’élans de façon aléatoire sur un quadrillage précis de la zone d’étude. Et bientôt, quand la neige aura totalement fondu, je couplerai le sujet sur les élans avec celui sur les loups, j’ai vraiment trop hâte.

Après le boulot lundi soir, on est parti avec un ami de la team pour le coucher de soleil voir s’il y avait des oiseaux sur un grand lac à côté de la maison. Au final, la petite sortie est devenue juste magique, comme quoi c’est souvent ce que l’on a pas prévu qui rend le moment encore plus beau. L’ambiance était top, le coucher de soleil était tout enflammé et pas très loin du bord, il y avait un cygne chanteur debout sur la glace, l'air noble. Dix minutes après, l’ami vient me voir et me dit, il y a une barque juste à côté, vide et pas cadenassée (en Finlande, il y a une confiance totale, on peut tout laisser ouvert sans crainte). On a ainsi fait de la barque jusqu’à la tombée de la nuit, tellement c’était bien et reposant.

Mardi, ça été la journée la plus agitée et fatigante pour tout le monde. Avec l’ami du lac qui fait aussi les élans, on a marché une vingtaine de kilomètres environ, dans la taïga, à fond la caisse, on a été dans presque tous les biotopes, dans la neige et dans l’eau aussi, on a joué les équilibristes en traversant des rivières sur des troncs d’arbres couchés par les castors, on a vu je ne sais combien de traces d’ours et d’élans, bref c’était bien rempli. Laetitia non plus n’a pas chômé, de l’autre côté un groupe a embourbé un des deux 4x4 dans un fossé, elle est donc allée les aider pour le sortir.

Mercredi, toujours avec l’ami, on est parti faire un affût au bord du grand lac, mais cette fois-ci complètement de l’autre côté. Pour notre plus grande surprise, nous avons pu observer des castors grignotant du bois. Le soleil se couche aux alentours de 22h pour se lever vers 4h du matin et la “nuit” commence aux alentours de minuit pour finir vers 2h (j’ai mis les guillemets car la nuit n’est pas totalement noire à cette saison), c’est dire que l’on a pas beaucoup dormi. De plus on a eu une nuit bien froide, tout était gelé au réveil.

Samedi, je suis allé avec trois étudiants de l’autre maison à une sortie naturaliste, en compagnie du même guide où le lynx avait été vu. Pas de lynx, mais la pêche a quand même été bonne, plus d’observations que de photos : lièvre, tétras lyre, cygne chanteur, oie cendrée, bernache du canada, harle bièvre, grue cendrée, chevalier gambette, plein de vanneaux huppés, plein de courlis cendrés et plein de bécassines, une chouette lapone, malheureusement en vol au loin, deux chouettes de tengmalm et deux hiboux des marais.

Enfin dimanche, nous sommes allés pique-niquer avec la team au bord d’un lac pas très loin de la maison, on se serait cru dans le sud de la France tellement il faisait beau et chaud, j’ai pu me baigner, même si on y reste vraiment pas longtemps, elle devait être à environ 5°C. Aller, Пока Пока [paká paká] comme on dit ici = au revoir !


20 mai 2018 - Semaine 3

Une semaine tranquille, qui commence et finit bien ! Lundi, je pars avec la team loup et ours plus au nord, direction Lassi. C’est un centre organisant des affûts appâtés, un des plus connus de Finlande, tout le monde vient en espérant croiser le regard d’un ours à la tombée de la nuit. On a eu le privilège de rentrer dans le no man's land finlandais, avec chacun quand même son passeport au cas où on se ferait contrôler, pour récupérer des informations sur le terrain (pièges photo, excréments, etc).

Souvent on est deux, mais là vendredi on était parti à trois sur les élans. Tout commence comme d’habitude, c’est à dire quasiment aucune crotte sur nos plots de 25 m² pris de façon aléatoire, alors qu’en règle générale on en croise beaucoup sur les quadras d’1 km². Cependant on ne peut rien y faire, c’est le biais de l’aléatoire. Bref, on marche vers notre troisième plot, moi devant avec le GPS, quand je vois soudain une tache blanche s'approcher de nous. Je fais signe aux autres de s’accroupir, je scrute, est-ce un renard arctique ? Non, un lièvre arctique, ne nous ayant ni entendus ni sentis, il passa vraiment à 10 mètres de nous à peine. Je me suis mordu les doigts de ne pas avoir l’appareil de photo. Depuis le début, j’ai préféré ne pas le prendre sur le terrain, car déjà il pèse son petit poids, puis on ne peut pas trop s’arrêter par manque de temps, donc je fais avec le portable. De plus, depuis le début, on a vu que des oiseaux sur le terrain, pas d’animaux, ce qui me “satisfait”. Evidemment, ce lièvre m’a remis en question, haha. Plus tard, en réalisant notre avant avant dernier plot, j’entends un bruit bizarre, on aurait dit un tronc d’arbre que l’on lâchait dans un grumier, avec un écho super puissant dans toute la taïga, mais je calcule pas. A la seconde fois, une des filles me demande ce que c’est, je lui dis que ça doit être les forestiers. Je regarde sur le GPS et m’aperçois qu’il n’y a en fait aucun chemin forestier dans la zone, bizarre. On avance vers notre avant dernier plot quand soudain l’autre fille se met accroupie et dit “là là, je viens de voir des pattes”. Moi qui lui réponds pour blaguer “un animal qui marche les 4 pattes en l’air ?”. Et c’est en disant ça que je vois justement très loin 2 pattes disparaissant derrière les arbres, c’était un élan. En réalisant notre chance, l'excitation s’empara de nous, la fille qui l’a vu en premier se mit à avoir les larmes aux yeux, elle qui l’attendait tant, ça fait 4 ans qu’elle se consacrait à l’élan, et elle le voit pour la première fois à l’état sauvage. Plusieurs fois, il recommença son cri, c’est en fait un cri d’alarme (j’ai trouvé une vidéo sur Youtube où on l’entend bien, n'hésitez pas à bien monter le son quand même), il nous a sûrement entendus. On est resté au final environ 35-40 minutes avec lui, et il ne faisait que tourner autour de nous, Vladimir dit que c’était une femelle qui cherchait à protéger son petit. Ensuite pour notre bouquet final, il est parti par une petite clairière, c’est là qu’on l’a super bien vu, une sacrée bête qui en impose par sa taille. Pour information, la mère revient toujours vers son petit, planqué quelque part.

Dimanche, nous avons fait les touristes, nous sommes partis la journée au sommet montagneux de Koli, offrant un panorama de 360° au-dessus des lacs à perte de vue. Nous avons d’abord pique-niqué au bord d’un lac immense, avec les pieds dans l’eau, puis nous avons passé la soirée sur les hauteurs, jusqu’au coucher du soleil, soit 22h30. Et comme il faisait un peu frisquet le soir venu, on a fait un grand feu, le bonheur !

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 Hutte de castor à gauche

Hutte de castor à gauche

 Maintenant au centre et en plus gros

Maintenant au centre et en plus gros

 L'endroit où on a vu l'élan

L'endroit où on a vu l'élan

 Photo faite avec le fisheye d'une des filles

Photo faite avec le fisheye d'une des filles


27 mai 2018 - Semaine 4

Premiers jours de la semaine, premiers jours sur le sujet concernant les loups. Nous avons dû sillonner à pied tous les petits chemins en relevant les traces et les crottes sur GPS. C'est la première moitié de notre matériel et méthodes, et ce sur le territoire de 4 meutes. On effectue entre 15 et 20 kilomètres par jour. La seconde partie de notre temps sera de passer nos nuits sur le terrain pour écouter les hurlements des loups, et de les localiser par la méthode de triangulation.

Mardi, après notre petite promenade de santé, Laetitia vient nous voir en fin d'après-midi pour annoncer une bonne nouvelle à la team loups. Au programme, partir le lendemain matin tôt pour 3 jours sur le terrain, 2h au nord, en mélangeant marche en journée et écoute si l’on veut le soir, difficile de refuser. On prépare nos sacs, prenons les plans de Laetitia des petits chemins à faire, et c’est parti. Nous avions 2 possibilités de campements envisageablesà proximité de camp fire, au final nous avons pris celui à côté d’un petit lac, rustique, mais qu’est-ce que c’était bien. Juste pouvoir écouter le silence, les oiseaux, regarder le soleil se coucher sur le lac, se faire cuire des pommes de terre au feu de bois. Nous avons beaucoup marché, Laetitia avait sans doute vu grand en faisant nos itinéraires. Le jour de notre arrivée nous avons marché une 30aine de kilomètres et une 50aine jeudi, on a fini à 21h, j’avais l’impression d’être un vrai papi courbaturé de partout. Ce qui est sûr c’est que l’on a vu du paysage, et aussi des animaux : Bécassine, Plongeon catmarin, Garrot à œil d’or, Canard souchet, Oie cendrée, Coucou gris, Lagopède des saules, Tétras lyre, Grand tétras, Chouette de Tengmalm et tous les petits que j’ai oubliés, sinon pas mal de lièvres et une vipère. Nous étions 2 binômes, donc on voyait des trucs différents, et même en binôme, des fois on devait se séparer pour aller plus vite quand il y avait 2 petits chemins à parcourir. Avec ma binôme, on a trouvé jeudi une tour d’observation, il était 19h, on était au bout de notre vie, on avait la flemme de continuer, on grimpait une colline à reculons, et là au milieu de nulle part jaillit cette tour de genre 25 mètres de haut. Cela faisait longtemps que je n’avais pas eu de telles sensations, on voyait le vide entre les barreaux durant toute la montée, et une fois tout en haut, on tanguait un peu avec le vent, heureusement que l’on pouvait se mettre dans cette “cabane en bois”, ça faisait plus serein. De là haut la vue était ouf, on voyait tellement loin, des forêts, des marais et des lacs à perte de vue. Après un petit plein d’énergie, nous avons continué, les autres nous ont ensuite rejoints et on a torché le tout à 21h comme c'est indiqué un peu plus haut. Juste avant de se coucher, nous avons essayé de hurler en espérant qu’un loup nous réponde, mais sans succès, peut-être la prochaine fois !

Il est dimanche 20h et à l'instant où je vous parle, je reviens d'un week-end intense avec la team. On a pris 2 jours de vacances et on s'est bien fait plaisir ! Samedi matin, on a fait du rafting, pour ma part c'était une première fois. On avait une petite appréhension au début avec la température de l'eau, si jamais on tombait du bateau, mais au final c'est bon personne n'est tombé. Le premier rapide était le plus gros, on a pris une vague de presque 3 mètres, on s'est retrouvé à la verticale puis la suivante est entièrement rentrée dans le bateau. En fin de compte, tout le monde était trempé. Ensuite pour déjeuner on est arrivé dans un coin super beau, au milieu de grands pins, près de la rivière, avec un immense chalet et des bancs autour d'un grand feu. On a eu droit à un buffet à volonté de spécialités finlandaises, dont du saumon et des saucisses à faire griller sur le feu. Une anecdote qui nous a tous bien marqué et bien fait marré tout au long du rafting, c'est qu'à chaque fois que l'on devait ramer fort pour prendre un rapide, le guide nous criait fort "Ready Three Two One PAAADLE - PAAADLE - PAAADLE !!!", tellement fort que même à 5 kilomètres on devait l'entendre. Après ça on avait réservé pour l'anniversaire d'une des filles, un chalet au bord d'un lac avec tout, sauna, barque, coin feu, etc. J'ai enfin pu faire ce que j'avais tant voulu faire depuis si longtemps, être dans un sauna et plonger dans un lac ensuite, c'est vraiment un pur bonheur. Certains se sont rebaignés à 2h du matin, mais l'eau était vraiment froide. Puis 1h après on s'est couché, on a pas vu l'ombre de la nuit, on voyait comme de jour tout le temps.

A partir de la semaine prochaine, je ne pourrai plus vous écrire sur le blog, car je pars pour un mois en immersion totale dans la taïga avec une amie. J'espère voir ours, loup, élan, chouette lapone et plein d'autres. Je vous raconterai donc tout ça à mon retour. Bye bye !

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31 juin 2018

Passer un mois en autonomie dans une nature encore restée sauvage est vraiment une sacrée expérience. C'était un vrai challenge pour tous les deux, nous qui n'avions jamais fait de si longue aventure, mais heureusement nous aimons relever les défis. En plus, la Finlande c'est vraiment le lieu par nature. La tradition du droit d'accès à la nature permet de fréquenter en toute liberté les zones naturelles. Elle est le pays le plus boisé d'Europe, 86 % de la superficie du pays est couverte de forêts, elle possède 180 000 lacs, on dénombre aussi aujourd’hui plus de 1 000 ours bruns et lynx, et plus de 200 loups. C'est aussi ici que la densité de population est une des plus faibles de toute l'union européenne, alors enfin la liberté !


Nous avons commencé notre périple par trois jours à Koli, c'est un peu l'endroit incontournable quand on arrive par le sud de la Finlande, comme Marion. Le premier soir était couvert, du coup on en a profité pour se coucher tôt, car une longue journée ensoleillée nous attendait le lendemain. On avait mis le réveil à 1h du matin afin de voir le lever du soleil et en effet, la lumière était vraiment belle et pure, jusqu'au coucher du soleil à 23h. Le camp site où l'on dormait faisait rêver, on avait d'un côté de grands arbres qui nous surplombaient et de l'autre côté une vieille ferme, tout en bois et tous les champs autour d'un vert et jaune intense (avec le pissenlit). Après notre journée de "repos", nous partons dans une réserve naturelle du côté de Kajaani, à la recherche de la chouette lapone.

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Après deux jours de marche, nous voilà dans la réserve. Une fois dedans, nous n'avons le droit de dormir que dans les lieux dédiés à cela. Heureusement, chaque camp site est très bien situé et fourni, on y trouve une chouette cabane pour dormir (sans chouette), un camp fire avec sa garnison de bois et même des toilettes sèches, vraiment royal. Aussi, donnant le plus souvent sur un lac, nous avions l'occasion de faire de la barque et de pêcher. On se sentait vraiment en vacances ! Le programme de la journée se résumait avec le réveil en fin de matinée, le déjeuner à midi, la recherche de la chouette dans les grandes forêts l'après-midi, un peu de détente ensuite (baignade dans les lacs, jeu de cartes), le dîner souvent avec un feu de camp, et enfin un affût dans les grands marais alentours du coucher du soleil jusqu'à 2-3h du matin pour essayer de voir les grosses bestioles peuplant les environs, comme l'élan par exemple. Les conditions n'ont pas été très faciles, mais c'est le jeu. Certains jours de chaleur, il y avait beaucoup beaucoup de moustiques. Le soir lors des affûts, on s'habillait jusqu'à ne laisser que les yeux de visible, et encore j'avais l'impression de faire les essuie-glaces en pluie battante avec ma main pour les chasser de mon visage. On a eu aussi quelques jours de grand vent avec de la pluie et du froid, l'avantage c'est que les moustiques nous laissaient un peu en paix. Au final, nous n'avons pas vu de grands mammifères, mais des moustiques et encore des moustiques, aussi des lièvres furtivement et des oiseaux. Il y avait des canards (lesquels ?), des cygnes chanteurs, des garrot à oeil d'or, des plongeons catmarin, des goélands, des tétras, beaucoup de grives mauvis et de coucous gris, et enfin un couple de grues cendrées; c'était un des premiers soirs, elles ont chanté dans un grand marais de minuit jusqu'à 2h du mat, il y avait un tel silence qu'on devait les entendre à au moins 1 kilomètre, c'était juste génial ! Avant de retourner à la grosse ville, nous sommes retournés au petit village de campagne, là où le bus nous avait déposé à l'aller. On en a profité pour manger local (Leipäjuusto, fromage que l'on fait fondre sur du pain grillé, Munkkimiehet, gâteau brioché à la pistache, Sokeri munkki, beignet à la cardamome et lettiwiener, style tarte au pomme) et boire local (lonkero, mélange de gin, de soda et de jus de pamplemousse suivi d'un shooter à base de fernet et de crème de menthe). Cherchant un endroit chaud et sec, nous nous étions réfugiés dans le seul bar du village, et autant dire que l'on est pas passé inaperçu, quasiment tout le monde est venu discuter avec nous, dans un mélange d'anglais-finlandais. Dans ces coins reculés, la chasse est chose courante, on a donc eu le droit à un visionnage complet des photos/vidéos de leurs trophées (ours, tétras... bref, tout ce que l'on a pas pu voir en vrai). Nous sommes repartis ensuite à Kajaani pour passer la nuit dans un airbnb avant de repartir le lendemain matin tôt; quel bonheur d'avoir un peu de confort, douche brûlante, sauna, pizza, bière et enfin un lit douillet.

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Départ le lendemain matin direction Kuhmo avec pour objectif de voir des ours et des loups. Il faut savoir qu'ici en Finlande, il est très difficile de les voir sans affût appâté, je connais un photographe qui a fait un livre sur la taïga et pendant 20 ans, il n'a vu que quelques ours dans la nature, et un ou deux loups. On va donc mettre toutes les chances de notre côté. En même temps nous allons passer une semaine sur le terrain en essayant de les voir par nos propres moyens, mais en même temps nous irons passer deux nuits dans des affûts appâtés pour augmenter nos chances d'en voir. C'est donc après notre départ de Kajaani en passant par Kuhmo que nous arrivons dans notre premier affût appâté. Le patron du centre était vraiment sympa, c'est lui qui était venu nous chercher en voiture à Kuhmo et il a toujours plein de choses à raconter. Le centre possède environ 14-15 affûts appâtés au total, certains sont spécialisés pour les ours, d'autres pour les loups, d'autres pour les chouettes, certains sont aussi appropriés pour une saison en particulier, d'autres pour une autre, etc. Il nous expliquait que chaque jour, ils mettaient environ 50 kilos de viande par affût. Au final, cela marche bien, car depuis ces 6 dernières années, il n'y a pas eu d'ours seulement une fois. Le programme à notre arrivée est le suivant, à 16h on a le dîner, à 17h on part à l'affût et à 7h le lendemain matin on vient nous rechercher. En vrai, la nuit a été juste parfaite. On a d'abord vu un renne sauvage sur la route. Peu de temps après être rentré dans l'affût, on a vu un couple de Pygargues à queue blanche, ils nous ont tourné autour plusieurs fois. Un glouton est passé un peu au loin, mais j'ai quand même une image où il a la tête levée. Ensuite, nous avons vu 3 familles d'ours avec à chaque fois la mère et ses 2 petits, pour une durée totale de 3h et à juste quelques mètres de nous. Et enfin en dernier, vers 5h du matin, un gros mâle est venu à quelques mètres pareil. Après une petite heure de sommeil, mais plein d'images en tête et autant dans les cartes mémoires, nous reprenons les chemins de randonnée pour 3 nuits dans une réserve naturelle au sud de l'affût, afin de rejoindre un second centre d'affûts appâtés au sud de la réserve. Pour ce qui est de trouver des cabanes avec une vue sur un magnifique lac, la chance a été de notre côté. La lumière de ces couchers de soleil est vraiment très belle, presque éternelle, de quoi parfaire nos soirées "chamallow" au coin du feu. Après plusieurs jours "into the wild", nous n'avions qu'une hâte, c'est de recharger nos batteries. Nous arrivons suffisamment tôt au second centre d'affûts appâtés pour se faire offrir un sauna avec trois aller-retour dans un lac, plus une bonne douche, ça faisait bien longtemps. Après les ventres rassasiés comme jamais, nous partons à l'affût pour une autre "nuit". On a eu moins d'animation que dans le précédent affût, plus loin et moins longtemps, mais on n'est quand même pas revenu bredouille. On a vu en tout un couple de Pygargues à queue blanche, 12 passages d'ours, certains étant sûrement repassés, et enfin un loup solitaire, à 7h du matin en plus, sans doute une femelle dû à son pelage blond, elle a enterré plusieurs bouts de la carcasse avant de rejoindre deux de ses congénères au fond du marais (que nous n'avons pas vus). Jusqu'à la dernière minute, notre planning pour la suite a changé, assez stressant pour moi qui aime bien prévoir à l'avance. Nous partons donc finalement le lendemain matin tôt pour Vaala, on a enfin une piste pour la chouette lapone. Vous allez me dire, pourquoi j'en veux autant après cette chouette, déjà parce que c'est chouette et aussi parce qu'elle est rare, c'est le top pour un photographe animalier de pouvoir la photographier, et trouver un nid avec des petits c'est un peu comme le graal.

 Affût appâté n°1

Affût appâté n°1

 Affût appâté n°2

Affût appâté n°2

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Des fois la chance nous sourit à la dernière minute, des fois même à la dernière seconde. Pendant que nous étions dans la réserve entre les deux affûts, j'ai pu contacter un photographe finlandais spécialisé dans les chouettes qui était d'accord pour nous emmener dans un de ses petits coins secrets. Sauf qu'il ne répondait que très rarement et jusqu'au second affût, ce n'était toujours pas certain, donc j'étais pas serein. Arriva sans doute l'une des plus belles coïncidences, puisque je croise le soir au dîner Olivier Larrey, le photographe français qui a sillonné la Finlande pendant 20 ans et dont son livre m'a tant inspiré pour ce voyage (je remercie encore ma grand-mère pour le livre). Par chance, je l'avais déjà rencontré à un grand festival photo l'automne dernier, on s'est donc reconnu et je lui ai raconté toute mon histoire. Il me dit alors qu'il connaissait un photographe finlandais avec qui on pourra sûrement voir la chouette, on parlait en fait du même, il m'a donc passé son numéro. Evidemment toute la nuit de l'affût je n'ai pas eu de réseau et tout le lendemain matin je n'ai plus eu de batterie. Bref ce n'est qu'à 13h de retour en ville que je l'appelle pour lui dire que l'on arrive dans sa ville à 14h35 en bus, ouf c'est ok pour lui. On l'a ainsi rejoint à Vaala, effectuons une bonne heure de route pour trouver dans un trou paumé, un nid de chouette lapone. Bon, à vrai dire j'étais un peu déçu, car c'était un nid artificiel, mais sinon c'était tellement fou. D'abord Eero le photographe est vraiment très gentil, il nous avait proposé de dormir chez lui, on lui a dit quand même que l'on préférait dormir sur place si c'était possible, du coup une fois sur place, il nous a installé un affût en toile devant le nid, et ensuite il a tout remis en état une cabane sur roues pour que l'on puisse dormir dedans, et ce à 100 mètres du nid. Puis autrement, l'expérience était folle, attendre à seulement quelques mètres d'un petit couché dans le nid, la mère pas loin sur une branche d'un arbre à nous surveiller. C'est toujours au moment où on s'y attend le moins que l'un des deux parents arrive, les chouettes sont tellement silencieuses que l'on ne les entend pas du tout arriver, c'est juste le cri du petit qui nous met en alerte. Comme chez beaucoup d'oiseaux, c'est le père qui part chasser pendant que la mère reste près du nid. Après qu'elle ait ingéré la nourriture, elle la régurgite pour les petit(s). Par chance à la tombée de la nuit, j'ai eu droit à deux reprises à l'arrivée du père sur le nid, donnant à la mère une souris. Le lendemain matin, avec Marion, nous avons assisté à une chose assez rare, le moment où le petit se jette du nid, la particularité de cet oiseau, c'est que les petits se jettent du nid une fois qu'ils se sentent près, et pendant 1-2 semaines ils vont se trouver une branche un peu basse pour réclamer encore à manger de la mère, c'est d'ailleurs ce qui est arrivé peu de temps avant que l'on arrive, on devait normalement en trouver deux dans le nid, mais un s'était déjà fait la malle. On sentait avec Marion que le petit était bien actif, il regardait le sol sans cesse, puis à un moment donné, pouf il saute. La mère n'était quand même pas très rassurée le suivait de l'oeil, en tout cas on a eu beaucoup de chance, Eero est arrivé environ 30 minutes après la scène. Toujours très gentil, il nous fait découvrir la région avec des lacs, des endroits où il a installé des affûts (nid de balbuzard par exemple), etc. Voulant partir de Vaala dans 4 jours, nous lui avons demandé s'il connaissait un bel endroit avec une cabane, il nous emmène alors dans un superbe coin, avec une vue sur un lac, une cabane avec un poêle à bois à l'intérieur (le luxe), un camp fire et en plus à 2 km de la station de bus, bref le rêve ! Après ces quelques jours de repos entre bains de minuit, grillades au coin du feu et tri des photos, on part à Oulu, on y dormira une nuit. C'était un pur régal culinaire, le soir nous nous sommes d'abord ouvert l'appétit en se baladant sur les petites îles en face d'Oulu, face à la mer, puis ensuite nous sommes allés dans un très bon restaurant, au bois rouge, posé sur la berge, l'une des adresses préférées des autochtones et recommandée par le guide du routard. Nous avions tous les deux pris une goûteuse spécialité de grand-mère, Marion du renne sauté et moi du corégone blanc grillé. Puis le lendemain midi, avant notre bus, nous avons chacun mangé un pancake poulet ananas roquefort, une sorte de galette archi épaisse, c'était vraiment bon et nourrissant.

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Nous voilà maintenant sur notre dernière ligne droite avant la fin du voyage, nous arrivons presque au nord de la Finlande, dans le Parc d'Oulanka. Nous commençons notre marche par le plus dur, mais aussi avec un des plus beaux panoramas. Nous plantons la tente à un sommet culminant à environ 500 mètres d'altitude, certes pas très haut, mais assez pour dominer tous les lacs et les forêts qui nous entourent. A cette latitude, le soleil ne se couche plus, on appelle cela le jour polaire, c'est vraiment formidable de contempler ces lumières oranges et rouges pratiquement à l'infini. Nous empruntons depuis Ruka le plus célèbre itinéraire de randonnée de Finlande, nommé Karhunkierros, qui s'étend sur 80 kilomètres dans tout le parc d'Oulanka. Ce sentier est vraiment très diversifié et nous dévoile une contrée étonnante, faite de landes, de marais, de lacs et étangs, de forêts denses, de rapides, de chutes d'eau et enfin de points de vue à en donner presque le vertige. Après deux jours de marche assez corsés avec les 30 kilos sur le dos, nous arrivâmes au camp souhaité, au pied d'un immense torrent. Nous sommes en fait arrivés au niveau du sentier de randonnée de Pieni Karhunkierros (petit circuit de l'Ours), il fait une boucle de 12 kilomètres, et c'est un vrai concentré des paysages de la région, et bien différents de ceux que l'on peut voir en France, des fois on peut aussi tomber sur des cabanes ou d'anciens moulins, ou encore traverser des passerelles suspendues. Un soir à 20h, nous sommes partis faire le coucher du soleil à un point de vue situé à une dizaine de kilomètres de notre tente, on en a vraiment bavé, à monter sur les crêtes des gorges, redescendre pour prendre un pont, des fois on faisait même du trail pour gagner un temps, mais au final, ça en valait bien le coup ! Nous sommes revenus, il devait être 2h du matin. La rivière était devenue calme sur la fin, et avec les forêts d'épicéa qui la bordé, je m'imaginais en Alaska. On a eu aussi la chance de tomber en haut du point de vue sur un nid d'éperviers d'Europe avec 4 petits, et sur le chemin du retour un renne sur les berges de la rivière pendant une quinzaine de minutes. C'est après avoir parcouru les 33 premiers kilomètres du circuit de l'Ours et bouclé le sentier du petit circuit de l'Ours que l'aventure prend fin. Nous retournons enfin à la civilisation, y passer notre dernière nuit. Durant ce voyage, nous aurons testé tous les toits possibles, la tente, les affûts, la location d'un chalet, airbnb, et pour la première fois le Couchsurfing; je ne connaissais pas du tout cette application, mais elle permet de dormir gratuitement chez l'habitant, et sert avant tout à rencontrer et pouvoir échanger avec eux. Notre couple d'hôtes s'appelait Nina et Riku, ils ont été adorables et j'espère que je les reverrai, qui sait s'ils viendront en France. C'est après tout ça que Marion et moi prendrons chacun notre destination respective, gardant en nous que de bons souvenirs.

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Pour finir, maintenant que je suis revenu à mon centre de stage, depuis vendredi précisément, voici le road trip en bref. Avant tout, je crois que l'on peut faire une minute de silence pour le terrible massacre qui a été fait sur les moustiques ayant croisé nos mains. Je vous donne quelques chiffres pour agrémenter ce long récit. Sur un total de 31 jours, nous avons dormi 24 jours sous tente, avons marché 300 kilomètres, avons sillonné la Finlande du sud au nord, avons traversé presque tous les biotopes existants, avons vu environ 16 ours avec 6 oursons, 1 renne sauvage et plein de domestiques, 2 élans, des lièvres, 1 glouton, 5 aigles, un couple de chouettes lapone avec 1 petit, un couple d'éperviers d'Europe avec 4 petits, des cygnes, des grues et tous ceux que je ne peux pas citer. La Finlande est vraiment un beau pays, vaste et bien plus diversifié que ce que j'avais imaginé. J'ai envie de dire à Dame nature un grand quitos, qui veut dire merci en finlandais. La nature, c'est la religion des finlandais, c'est aussi la mienne.


8 juillet 2018

Voilà, c’est la semaine de reprise, heureusement le stage ressemble à des vacances prolongées, ni pressions, ni stress, parfait. J’ai retrouvé l’équipe, en tout cas certains, car quelques uns étaient déjà partis et d’autres arrivés. Ce week-end en plus, il y a eu 2 départs, une dimanche matin qui partait définitivement et une lundi matin pour une quinzaine de jours de vacances. Les grands départs sont toujours sympas, car au final on se réunit tous la veille autour d’un gros gâteau fait par Laetitia, qui est à chaque fois différent, et c'est toujours une tuerie. On avait eu droit cette fois-ci à une forêt noire. Ensuite, on fait souvent un grand apéro entre les deux maisons. Par chance aussi, l’une des nouvelles de chez nous est bretonne, du coup j’ai réussi à négocier des crêpes un soir par semaine, ce qui est je trouve bien chouette !

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On fait toujours une vingtaine de kilomètres par jour en sillonnant les routes à la recherche d’indices de présence du loup. Malheureusement, nous n’avons toujours pas eu d’opportunité pour aller entendre les hurlements des loups, soit il pleuvait, soit il y avait trop de vent. En fin de compte, la semaine était plutôt reposante, j'ai pas mal trié les photos, puis j’ai aussi travaillé sur l'article scientifique. A la fin du stage, je rendrai en fait à Laetitia un petit article scientifique, pour s’entraîner à la rédaction et tout. Comme elle est chercheuse et qu’elle accueille beaucoup de stagiaires, elle est rodée et du coup elle nous donne plein d’astuces, de conseils, l’historique des relations homme-loup en Finlande, etc. Je pensais d’ailleurs que le loup était plus “aimé” qu’en France, mais en fait c’est un peu pareil, c’est toujours l’animal fautif et qu’il faut tuer sans vraie raison valable.

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Dimanche, nous sommes allés à un centre de chiens huskies. Certes, ce n’est plus trop la saison pour faire une balade en traîneau, mais on peut tout de même balader les chiens gratuitement, ce qui est fort sympa puisque les chiens sont très affectueux. Au cours de ces deux dernières semaines, il y a aussi eu des petits, donc c’était aussi un peu le but de notre virée là-bas, voir les chiots, et les propriétaires le savent bien, car avant de partir, ils nous crient “puppies”, on s’est donc tous précipités !

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Pour finir, l'anecdote de la semaine, c'est quand même Vladimir. Un matin, juste avant de partir sur le terrain, un nid d'hirondelles qui était sur un des murs extérieur de la maison tombe par terre. Vladimir part et revient quelques minutes après avec une échelle et deux rouleaux de scotch, on pensait à une blague, mais non, il prend le nid et met quatre grosses bandes dessus, tout fier il descend et dit "Russian made". En vrai, j'en ai des dizaines d’anecdotes comme celle-là qui sont à éclater de rire quand on le voit, c'est vraiment le cliché russe, mais c'est tellement ça, tout rafistoler et essayer que ça dure toujours le plus longtemps possible. Une autre fois, le congélateur ne fermait plus, une des filles qui n'osait pas forcer le voit et lui demande de l'aide, il arrive alors, donne 3 grands coups de pied dans la glace en haut du congél, ferme la porte et la regarde tout sourire en lui disant "Russian style". Autant dire, on ne s'ennuie jamais ici !


15 juillet 2018

Après une dernière semaine plutôt calme, place à une semaine bien chargée. Lundi, grand beau temps avec peu de vent, parfait pour les hurlements. On le sentait venir et c’est ce qui arriva. Assez tard le soir, Laetitia est venu nous voir pour nous envoyer sur le terrain, alors que nous étions prêts à nous coucher. Du coup on a du tout vite préparer pour notre campement de 22h à 4h du matin. Nous étions séparés en deux groupes, un de 3 et une fille et moi. Pour patienter un peu, nous avons fait quelques jeux comme par exemple les jokes de papa, c’est un jeu où l’on doit se dire des blagues courtes et essayer de ne pas rigoler sinon on perd. A un moment, sur un des sites où l’on était, je tombe sur une blague qui nous a tué. Pour expliquer le contexte, tout l’hiver chez Laetitia et Vladimir, il y avait enseveli sous la neige une lada, ici c’est l’emblème de la Guerre Froide. Comme toutes les voitures de la maison, on sent que l’on vit vraiment dans un endroit très reculé de la vie citadine, en gros, il doit y avoir deux portes qui ne s'ouvrent pas, pas de rétroviseur intérieur, la marche arrière qui passe très mal, la pédale de frein dure comme tout, certaines ceintures qui ne se clipsent plus, certaines vitres qui ne marchent plus, bref et on se demande encore comment elle a pu passer au contrôle technique. Pour en revenir à notre blague : “Quelle est la différence entre une BMW et une LADA ? Dans la BMW t'as l'airbag et dans la LADA t'as l'air con”. Malheureusement, nous n’avons pas eu de chance, à part les hurlements des moustiques, nous n’avons rien entendu. Moi j’en ai encore moins eu, j’ai dit RIP à mon portable qui a succombé à ses blessures. En voulant courir pour prendre une photo, je me suis pris les pieds dans un trou et j’ai chuté sur la seule pierre de la région, tout l’écran était éclaté, même avec la face du côté de ma cuisse. Après toutes ces péripéties, nous avons quand même réussi à rentrer à la maison pour dormir un peu.

Le lendemain soir, après notre après-midi sur le terrain, Laetitia revient nous voir avec un grand sourire, on a un peu peur, finalement on repart pour tenter d’écouter les hurlements. Cette fois-ci, Vlad viendra simuler le hurlement des loups pour les encourager à répondre. Vers 11h du soir, alors que personne ne savait où était notre camp, on entend Vlad hurler super fort à presque 100 m derrière nous, il ne nous avait pas vus. Ce qui est vraiment impressionnant, c’est que le son porte très très loin. Il a hurlé 3 fois sur 3 spots différents, mais même en simulant, aucun n’a répondu. Il peut y avoir de multiples raison pour expliquer cela, apparemment Vlad aurait entendu un loup s’approcher de lui, et au lieu de hurler il serait directement venu voir à patte, mais bon pas de certitudes non plus. Heureusement, pour compenser, nous assistons à chaque fois aux couchers et aux levers de soleil, et avec la brume sur les lacs et marais, rien que ça c’était juste magique.

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Jeudi, nous partons tôt autour de chez Lassi pour récolter un maximum d’indices (fèces, traces, etc). Heureusement que la vie n’est pas tout le temps comme ça, sinon on ne tiendrait pas, mais ici on a parfois l’impression de vivre un sketch de A à Z. Au moins, on est formé pour rebondir, à chaque problème sa solution, mais bon des fois on croirait que les dieux nous tombent sur la tête. Je vous passe tous les détails récurrents, genre la voiture ne qui démarre 1 fois sur 3, l’accélérateur aussi, les fuites d’essence au point qu’un agent de la station service vient nous voir pour nous le faire remarquer. Des fois il nous arrive des choses assez originales, comme par exemple arriver au campement à 2h de la maison, sortir l’immense tente de 6 places et s’apercevoir que les derniers utilisateurs n’avaient pas remis les arceaux dans le sac, ou encore se faire arrêter par les gardes de frontière pour nous demander ce qu’on fait proche du no man’s land en notant la plaque d’immatriculation. Le bon côté des choses, c’est que l’on a pu pique-niquer le soir au bord d’un superbe lac, au coin d’un feu et avec le coucher de soleil en face, pour ensuite rentrer dormir dans un bon lit douillet.

Pour rattraper tout ça, on avait organisé un week-end de folie ! Samedi, on est retourné voir les huskys et leurs petits, on s’est baigné dans un lac, avec une belle plage de sable blanc, on a fait de la barque. Ayant vu celui de l’année passée, le soir je n’ai pas pu résister de regarder le feu d’artifice de Paris en direct, c’était sur le thème de l’amour et c’était vraiment très beau, on aurait cru des tableaux qui se dessinaient dans le ciel. Dimanche, c’était le grand jour, tout le monde l’attendait avec impatience, à 17h pétante, on était tous devant la télé pour la cérémonie d’ouverture de la finale de la FIFA. En plus, on en avait un dans notre équipe qui est vraiment un pur sang foot, il chantait la marseillaise, il criait tout le temps, il y avait de l’ambiance quoi. Laetitia qui suivait elle aussi, nous avait fait un bon apéro pour l’occasion et nous avait sorti toutes les peintures les drapeaux sur nos visages. Bon, je vais pas vous résumer le match, mais je vous laisse imaginer l’euphorie quand on a gagné ! C’était marrant, car tous les gamins gueulaient de partout, sans trop savoir pourquoi, mais juste ils étaient contents pour nous. Pour vous montrer le niveau de notre fan, il avait parié que si on gagnait il se rasait la tête (pour ceux qui ont une image plus ou moins fraîche de moi, il avait la même longueur de cheveux que la mienne), eh ben il l’a fait. Cela a duré 1h, car évidemment il fallait que la tondeuse fonctionne mal, mais il l’a fait, on était tous là pour vérifier et “rigoler”. Ensuite on allait quand même pas s’arrêter là, du coup pour fêter ça, on a pris une voiture 5 places à 7 pour arriver sur un camp fire donnant sur un grand lac (pour changer). Et de là, on a dansé et chanté toute la nuit, la folie, d’où mon article un peu tardif.

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22 juillet 2018

Ce n’était que le début de la semaine et il faisait déjà 30° à 10h du matin, on se croyait dans le sud de la France. Tous les jours, le ciel était très pur et la clarté des paysages était juste magnifique. On a aussi profité de cette chaleur pour aller se baigner. Mardi, on est allé dans un coin que seuls les animaux de la forêt connaissent, perdu en pleine taïga. Il y avait tout, un grand lac, des épicéas et des falaises pour sauter, le top.

Jeudi soir, après notre sortie de terrain, Laetitia nous proposa d’aller aux hurlements. Cette fois-ci on s’y attendait un peu. Pour ma part, j’ai préféré aller avec elle pour la voir hurler, déjà pour voir comment elle fait, mais aussi pour ne pas revenir trop tard. Finalement, on était 4 à l’accompagner pendant que 4 autres étaient sous tente comme nous la semaine dernière. J’ai fait cette petite vidéo pour garder une trace de cette cool soirée, car cela n’arrivera pas tous les jours quand même. Cette fois-ci encore, les loups n’ont pas répondu. Vous l’aurez compris, ce n’est pas aussi simple que l’on pourrait se l’imaginer. Les loups ne hurlent pas toutes les nuits, en plus quand la meute est petite comme la notre (5 loups).

Le lendemain matin, on a été plusieurs à être restés à la maison pour se reposer un peu. C’était le cas de ceux qui avaient passé la nuit sous tente, mais aussi pour les 5 (dont je fais partie) qui passeront une prochaine nuit courte. On avait prévu de faire un affût chez Lassi, près d’un lac parce que les animaux viennent tout près, comparé au grand marais que j’avais fait en juin. La nuit a été très riche, en rire, en émotion, en météo et en sommeil (ou pas). Déjà, la première chose comique, c’est que 5 minutes après être rentrés dans notre affût vers 17h, un ours est arrivé sur les lieux, en gros à quelques minutes près on se serait retrouvés nez à nez avec lui. On a vu 7-8 ours en tout, assez proches, mais un des meilleurs moments a été vers 22h, je reçois un sms des 3 autres (dans un autre affût) disant « UN LOUP ! ». Du coup, je balaye le paysage et voit au loin une petite tête blanche. C’était un de mes derniers rêves ici, photographier le loup, cela n’a duré que quelques secondes, mais c’était intense. Après ça, la nuit est très vite tombée, laissant place à la pluie, les animaux ont préféré rester dans la forêt.

Samedi, c’était le départ d’une des filles de notre maison, aussi ma coéquipière de terrain et de toutes ces nuits en affût, avec qui j’ai bien rigolé. Elle a eu de la chance pour son gâteau, comme qui dirait certains, c’était une orgie culinaire. On a eu droit à un lakkakakku, une recette finlandaise à base de lakka, d’où son nom.

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29 juillet 2018

Je profite encore de la bonne routine du stage avant mon retour en France. C'est toujours un plaisir d'aller se baigner dans les lacs pour se rafraîchir, après une bonne journée de travail. Mercredi soir, nous sommes allés à 5 dans un endroit où il y avait une hutte de castor, avec l'espoir d'en voir peut-être. Malheureusement sans succès, nous sommes partis à un grand lac plus au nord, on y a vu des plongeons catmarin et des grues cendrées, c'était très beau, le ciel était encore rouge/rose et la brume commençait à se lever. De plus, la pleine lune était une grosse orange et se couchait à l'horizon. À notre retour, nous nous sommes arrêtés sur la route pour photographier les crapauds avec les phares de la voiture, il y en avait plusieurs centaines qui traversaient. Je n'avais encore jamais fait ça, mais c'était bien sympa.

Pour ma dernière fois jeudi soir, j'ai tenté d'écouter les hurlements. Là, on ne s'est pas trop fait embêter par les moustiques. Ce qui nous permettait d'entendre très loin, comme par exemple les forestiers dans leur camion à plusieurs kilomètres de là. Au final, vers 1h30 du matin, l'autre groupe aurait entendu des gémissements d'un loup.

Laetitia nous a gentiment laissé faire la grasse matinée le lendemain matin, jeudi c'était donc ma dernière journée de terrain, difficile à se l'imaginer. Pour commencer à fêter mon départ, nous sommes partis le soir dans une hutte en forme de tippie donnant sur un lac, avec à l'intérieur un camp fire. C'était soirée chamallows et dancing au coin du feu. C'était aussi la soirée où l'on aurait dû voir l'éclipse lunaire avec Mars, mais l'on a attendu 35 000 ans pour assister à un passage nuageux dense, on a donc laissé libre cours à notre imagination. Le lendemain, nous avons pris la voiture jusqu'à Lieksa pour aller faire les courses, et j'en ai profité pour boire un dernier milk-shake avec "ma maison". Voilà, arrive maintenant ma dernière soirée au sein du stage, je la déguste encore et encore. Après un superbe apéro, Laetitia arrive avec son gâteau tant attendu, cette fois-ci un citron meringué.

Départ 6h30 le lendemain pour mon  train, une des filles a bien voulu m'accompagner à cette heure très matinale pour un dimanche matin. J'ai enchaîné trois quarts d'heure de voiture, un au revoir puis 7h de train avant de retourner à la civilisation, Helsinki me revoilà. J'en ai profité de prendre mon vol le lundi matin pour visiter une dernière fois la ville. C'était la journée rêvée, le ciel était bleu, le soleil chaud, les rues et les parcs étaient animés par des musiciens, bref la "dolce vita" finlandaise. C'était aussi l'occasion pour immortaliser ces quelques moments de vie avec mon nouveau portable, l'appareil photo étant d'une très bonne qualité et le rendu de l'image top, c'est devenu mon nouveau joujou !

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Un peu triste, mais surtout ravi de tout ce que j'ai pu vivre ici, je ne dis qu'un au revoir à ce formidable pays !

Kiss Love

 

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