Blog Finlande

(Photos et vidéos faites au portable)


28 avril 2018 - Arrivée à Helsinki

Petit tour en ville dès mon arrivée à Helsinki, crevé avec mes 40 kg de sacs sur le dos, mais content. Maisons colorées, architecture qui va bien au pays, des finlandais blonds, blonds et encore blonds, pas frileux non plus. Lever 5h30 le lendemain matin, pour plus de 6h de train avant d'être en Carélie du Nord.

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29 avril 2018 - Arrivée au pays des loups

Durant mon trajet, j'ai pris le temps de réviser mon anglais. En arrivant à la gare, je rejoins les stagiaires venus me chercher et sort un "Hi!", ce à quoi ils me répondent "Salut", "Ah, vous êtes français ?", "Oui". Au final le dépaysement est total, on est 13 stagiaires, et il n'y a que des français. Après 45 minutes de 4x4 sur des routes de terre et plein de trous/bosses, à 90 km/h (je vous laisse imaginer le parc d'attraction), on arrive enfin. La maison est belle, dans les bois, deux chiens aboient derrière celle-ci, dont 1 qui fait 1,50 au garrot, un monstre. L'intérieur est rustique, 3 compartiments en gros, 2 pour les stagiaires, on vit séparément même s'il nous arrive de nous retrouver des fois, juste plus facile pour se faire à manger quand on est 7/8 que 13 d'un coup, et un compartiment pour la famille de la chercheuse Laetitia. Comme on est 13, on vit un peu à la dure, c'est normal. En exemple, on se lave en chauffant une bassine d'eau au dessus d'un poêle, que l'on se verse après dessus, le tout dans une pièce à 10°. Au moins à plusieurs, on en rit bien ! La veille, 4 sont partis faire une sortie ornitho avec un guide finlandais, je suis vraiment dégoûté et content pour eux, car ils ont vu un lynx pendant 1h30, il chassait à 100m d'eux. Pour un ordre d'idée, le guide n'a vu qu'une fois le lynx en 60 ans.

 

30 avril 2018 - 1er jour de stage

Lever 7h, après une nuit un peu mouvementée, petite pensée au chat qui m'a réveillé à 5h en miaulant tout ce qu'il pouvait à la porte pour qu'on lui ouvre. On part avec Vladimir dans un gros 4x4, le mari de Laetitia, c'est un russe donc il roule à la russe, 110 km/h sur ces petites"routes", quand il y a de la neige il accélère encore plus, bref c'était dans le cas où l'on soit mal réveillé. On arrive, et l'on part à 3 pour pister les élans dans la taïga, en comptant le nombre de traces que l'on voit sur un tracé GPS fait la veille. Vraiment, quelle aventure ! Une fois le russe parti à tout allure, on découvre qu'il nous avait en fait déposé à 3 km de notre point de départ, un malentendu. Ensuite on fait 3 km en raquettes jusqu'à notre point de départ sur un chemin plein de neige molle où l'on s'enfonce, on se sépare en 2, 1 seul et une fille avec moi. On commence notre parcours, c'est parti pour 3 km, vraiment top, on est seuls au monde, on traverse de grandes forêts de conifères, des marais remplis d'eau jusqu'au mollet (ça réveille une fois de plus), on longe une rivière, on contourne des lacs, into the wild quoi. Au total, 16 élans sont passés sur notre chemin, 2 traces d'ours avec plein d'oies et de tétras en vol. Et pour finir, on retourne vers la route où l'on doit d'ailleurs se dépêcher, car Vladimir le russe nous attend (il fait le bus en allant chercher tout le monde à droite et à gauche). Les deux avec qui j'étais sont des malades, je pensais pas que l'on pouvait marcher aussi vite à 3, ils ont la même endurance que moi, et pourtant j'ai pas l'habitude de traîner quand je pars en photo dans les Cévennes. Repos bien mérité, il est 15h et l'on rentre déjeuner, on a la grosse dalle. Plein les bottes, mais surtout plein les yeux, hâte d'y retourner. 

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6 mai 2018 - Semaine 1

Voilà, ça fait maintenant une semaine que je suis arrivé dans le centre de recherche et ça passe vite. La semaine est bien rythmée, du lundi au vendredi on est sur le terrain. On part aux alentours de 9h pour revenir vers 14h, avec une dizaine de kilomètres dans les pattes, des fois même une quinzaine. Cette semaine la neige a été molle, et même avec les raquettes on s’enfonce bien. D’après Laetitia, la neige aura fondu dans une semaine environ. Après il n’y aura plus de la neige partout, mais de l’eau partout. On voit pas mal de traces d’élans, mais aucun encore de vu, quelques traces d’ours aussi, et un peu de lièvre. Sinon il arrive de voir des traces de martre ou autre, mais cela reste rare. On voit par contre des oiseaux durant nos sorties, des canards, des oies, des tétras lyre, etc. Je n’ai pas encore pris de photos avec mon appareil, comme sur le terrain le temps est compté et que le soir c’est repos, mais ça ne saurait tarder. Tous les mercredis et samedis soirs, on a le droit à notre petite dose de sauna. C’est la vraie détente de la semaine, pour vraiment tout lâcher.

Mardi, c’était la journée du travail, en finlandais Vappu, c’est une des plus grosses fêtes de l'année. Ce jour-là, la tradition c’est de faire un pique-nique avec ses voisins. Nous nous étions sans voisins, mais tous réunis autour d’un feu dehors, avec un verre de sima (boisson fermentée) dans une main et un gâteau Tippaleipä dans l’autre main. Pour la photo de famille, Vladimir nous fait tous répéter грудь (prononcé grud'), et nous tout content on répète notre premier mot russe pour sourire sur la photo, Laetitia morte de rire nous explique que ça voulait en fait dire “sein”.

Vendredi, et comme chaque vendredi, nous sommes allés pique-niquer le soir dans un chalet au bord d’un lac et nous y avons passé la soirée.

Enfin samedi, c’était l’anniversaire d’une des filles de la team, nous avons donc fêté ça comme il se devait. Voici pour cette semaine, rendez-vous la dimanche prochain !

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13 mai 2018 - Semaine 2

Encore une semaine très chargée, ce qui est bien ici c’est que l’on ne s’ennuie jamais. A partir de lundi et pendant 40 jours, le terrain consiste à relever le nombre de crottes d’élans de façon aléatoire sur un quadrillage précis de la zone d’étude. Et bientôt, quand la neige aura totalement fondu, je couplerai le sujet sur les élans avec celui sur les loups, j’ai vraiment trop hâte.

Après le boulot lundi soir, on est parti avec un ami de la team pour le coucher de soleil voir s’il y avait des oiseaux sur un grand lac à côté de la maison. Au final, la petite sortie est devenue juste magique, comme quoi c’est souvent ce que l’on a pas prévu qui rend le moment encore plus beau. L’ambiance était top, le coucher de soleil était tout enflammé et pas très loin du bord, il y avait un cygne chanteur debout sur la glace, l'air noble. Dix minutes après, l’ami vient me voir et me dit, il y a une barque juste à côté, vide et pas cadenassée (en Finlande, il y a une confiance totale, on peut tout laisser ouvert sans crainte). On a ainsi fait de la barque jusqu’à la tombée de la nuit, tellement c’était bien et reposant.

Mardi, ça été la journée la plus agitée et fatigante pour tout le monde. Avec l’ami du lac qui fait aussi les élans, on a marché une vingtaine de kilomètres environ, dans la taïga, à fond la caisse, on a été dans presque tous les biotopes, dans la neige et dans l’eau aussi, on a joué les équilibristes en traversant des rivières sur des troncs d’arbres couchés par les castors, on a vu je ne sais combien de traces d’ours et d’élans, bref c’était bien rempli. Laetitia non plus n’a pas chômé, de l’autre côté un groupe a embourbé un des deux 4x4 dans un fossé, elle est donc allée les aider pour le sortir.

Mercredi, toujours avec l’ami, on est parti faire un affût au bord du grand lac, mais cette fois-ci complètement de l’autre côté. Pour notre plus grande surprise, nous avons pu observer des castors grignotant du bois. Le soleil se couche aux alentours de 22h pour se lever vers 4h du matin et la “nuit” commence aux alentours de minuit pour finir vers 2h (j’ai mis les guillemets car la nuit n’est pas totalement noire à cette saison), c’est dire que l’on a pas beaucoup dormi. De plus on a eu une nuit bien froide, tout était gelé au réveil.

Samedi, je suis allé avec trois étudiants de l’autre maison à une sortie naturaliste, en compagnie du même guide où le lynx avait été vu. Pas de lynx, mais la pêche a quand même été bonne, plus d’observations que de photos : lièvre, tétras lyre, cygne chanteur, oie cendrée, bernache du canada, harle bièvre, grue cendrée, chevalier gambette, plein de vanneaux huppés, plein de courlis cendrés et plein de bécassines, une chouette lapone, malheureusement en vol au loin, deux chouettes de tengmalm et deux hiboux des marais.

Enfin dimanche, nous sommes allés pique-niquer avec la team au bord d’un lac pas très loin de la maison, on se serait cru dans le sud de la France tellement il faisait beau et chaud, j’ai pu me Baigner, même si on y reste vraiment pas longtemps, elle devait être à environ 5°C. Aller, Пока Пока [paká paká] comme on dit ici = au revoir !

 

20 mai 2018 - Semaine 3

Une semaine tranquille, qui commence et finit bien ! Lundi, je pars avec la team loup et ours plus au nord, direction Lassi. C’est un centre organisant des affûts appâtés, un des plus connus de Finlande, tout le monde vient en espérant croiser le regard d’un ours à la tombée de la nuit. On a eu le privilège de rentrer dans le no man's land finlandais, avec chacun quand même son passeport au cas où on se ferait contrôler, pour récupérer des informations sur le terrain (pièges photo, excréments, etc).

Souvent on est deux, mais là vendredi on était parti à trois sur les élans. Tout commence comme d’habitude, c’est à dire quasiment aucune crotte sur nos plots de 25 m² pris de façon aléatoire, alors qu’en règle générale on en croise beaucoup sur les quadras d’1 km². Cependant on ne peut rien y faire, c’est le biais de l’aléatoire. Bref, on marche vers notre troisième plot, moi devant avec le GPS, quand je vois soudain une tache blanche s'approcher de nous. Je fais signe aux autres de s’accroupir, je scrute, est-ce un renard arctique ? Non, un lièvre arctique, ne nous ayant ni entendus ni sentis, il passa vraiment à 10 mètres de nous à peine. Je me suis mordu les doigts de ne pas avoir l’appareil de photo. Depuis le début, j’ai préféré ne pas le prendre sur le terrain, car déjà il pèse son petit poids, puis on ne peut pas trop s’arrêter par manque de temps, donc je fais avec le portable. De plus, depuis le début, on a vu que des oiseaux sur le terrain, pas d’animaux, ce qui me “satisfait”. Evidemment, ce lièvre m’a remis en question, haha. Plus tard, en réalisant notre avant avant dernier plot, j’entends un bruit bizarre, on aurait dit un tronc d’arbre que l’on lâchait dans un grumier, avec un écho super puissant dans toute la taïga, mais je calcule pas. A la seconde fois, une des filles me demande ce que c’est, je lui dis que ça doit être les forestiers. Je regarde sur le GPS et m’aperçois qu’il n’y a en fait aucun chemin forestier dans la zone, bizarre. On avance vers notre avant dernier plot quand soudain l’autre fille se met accroupie et dit “là là, je viens de voir des pattes”. Moi qui lui réponds pour blaguer “un animal qui marche les 4 pattes en l’air ?”. Et c’est en disant ça que je vois justement très loin 2 pattes disparaissant derrière les arbres, c’était un élan. En réalisant notre chance, l'excitation s’empara de nous, la fille qui l’a vu en premier se mit à avoir les larmes aux yeux, elle qui l’attendait tant, ça fait 4 ans qu’elle se consacrait à l’élan, et elle le voit pour la première fois à l’état sauvage. Plusieurs fois, il recommença son cri, c’est en fait un cri d’alarme (j’ai trouvé une vidéo sur Youtube où on l’entend bien, n'hésitez pas à bien monter le son quand même), il nous a sûrement entendus. On est resté au final environ 35-40 minutes avec lui, et il faisait que tourner autour de nous, Vladimir dit que c’était une femelle qui cherchait à protéger son petit. Ensuite pour notre bouquet final, il est parti par une petite clairière, c’est là qu’on l’a super bien vu, une sacrée bête qui en impose par sa taille. Pour information, la mère revient toujours vers son petit, planqué quelque part.

Dimanche, nous avons fait les touristes, nous sommes partis la journée au sommet montagneux de Koli, offrant un panorama de 360° au-dessus des lacs à perte de vue. Nous avons d’abord pique-niqué au bord d’un lac immense, avec les pieds dans l’eau, puis nous avons passé la soirée sur les hauteurs, jusqu’au coucher du soleil, soit 22h30. Et comme il faisait un peu frisquet le soir venu, on a fait un grand feu, le bonheur !

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 Hutte de castor à gauche

Hutte de castor à gauche

 Maintenant au centre et en plus gros

Maintenant au centre et en plus gros

 L'endroit où on a vu l'élan

L'endroit où on a vu l'élan

 Photo faite avec le fisheye d'une des filles

Photo faite avec le fisheye d'une des filles